14 Oct 2017

Lundi noir du 2 OctObre 2017 fr

Des mots, durs, comme des points, comme des coups. Des mots qui catégorisent, radicalisent, , animalisent, déshumanisent. Ces mots ? Chiens, vampires, mendiants. Des mots hurlés au détours de tweets, de discours, sur fond d’un silence nous imposé par nos peurs, nos petites culpabilités, nos mémoires, l’amnésie, ou plutôt l’anesthésie de nos idéaux, nos valeurs, notre humanité. Au Burundi d’aujourd’hui, On tue, à coups de mots, en silence.
Le Mouvement des femmes et des filles dit ceci : qu’un crime contre l’humanité, que le discours de haine, requiert, exige, un cadre, une ambiance, un décor. Et que de par l’histoire, ce décor fut souvent cet égrenage continu de qualificatifs comme ceux des dirigeants de Bujumbura, accompagné d’embrassade apparentes et protection garantie pour tous ceux qui acceptent, qui plient, qui ne disent mot. Au final, un récit est posé, un imaginaire. Créé. Celui de la haine, de la peur, du « ce n’est pas grave » du « ntirumveko ». Un imaginaire menant à l’irréparable, à la fin.

La fin d’une société et de son identité. Une fin, dans laquelle, la honte, la dignité, l’empathie n’auront plus de place car la ligne entre le bien et le mal, l’ignominie et l’honneur, aura disparu.

A nous ainsi, aujourd’hui, de savoir, de vouloir :

  1. Refuser ce récit de haine, de mensonge, en en décriant et dénonçant les auteurs
  2. Rappeler l’histoire burundaise, la nôtre d’histoire, la vraie, non pas celle racontée par les victimes d’hier, bourreaux d’aujourd’hui, esprits rétrécis au prix de la peur qui les habitent, non pas celle emprisonnée par ce mensonge contemporain auquel on aimerait tous nous voir succomber, mais l’histoire célébrée à travers l’héritage glorieux de nos aïeux, une histoire qui nous affirme que toute souffrance compte, que je ne peux vivre que si tu vis, que mon avenir est irrémédiablement lié au tien, que notre nation est plus grande, plus belle, que nos petites ambitions, nos peurs, nos lâchetés, nos transactions, et qu’elle demande, qu’elle mérite plus, qu’elle mérite beaucoup mieux. Mieux qu’un quotidien sordide fait d’insulte, de justification morbide du mal d’aujourd’hui par celui commis hier. Nivyo, Uburundi Bwacu, nous demande, nous supplie de lui rendre sa grandeur, sa beauté, son passé…et son avenir. Un appel auquel nous sommes tous, sans exception aucune, conviés.
    Ceci est un message du Mouvement des Femmes et des Filles pour la Paix et la Sécurité au Burundi.

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