Message du Mouvement des Femmes et Filles pour la Paix et la Sécurité au Burundi de ce lundi noir 28 janvier 2019.

Au lendemain de la Journée Internationale de la Mémoire de l’Holocauste et de la prévention des crimes contre l’humanité, le MFFPS prend le temps, aujourd’hui, d’honorer la mémoire des victimes des tragédies politico-ethniques qu’a connues le Burundi.

La même douleur, la même ignominie, à intervalles temporellement séparés, imposés par des systèmes qui massacrent, déportent, torturent une fraction de la population civile définie selon des critères particuliers et pour des raisons politico-ethniques.  

Aux mères, pères, orphelins, victimes de toutes ces crises meurtrières, nous disons qu’un jour, justice sera faite. Aux familles et aux amis des victimes tombant sous les coups de la barbarie du régime actuel, toutes celles fauchées par la bête, nous disons : nous ne vous oublions pas. 

Nous rappelons que le devoir de mémoire implique une obligation d’action judiciaire et socio-politique. Il interpelle la responsabilité de l’Etat, mais aussi la nôtre, en tant que fils et filles de ce pays, et il est indissociable de l’état de droit et de l’équité. 

Nous réclamons vérité, justice, réparation, dignité et honneur pour tous car ce sont des valeurs qui n’ont pas de camp.

Un crime contre l’humanité requiert un cadre, un décor. De par l’histoire, ce décor fût souvent cet égrenage continu de qualificatifs comme ceux des dirigeants actuels de Bujumbura, accompagnés d’embrassades apparentes et de la protection garantie pour tous ceux qui acceptent, qui plient, qui ne disent mot. 

Au final, un récit est posé, un imaginaire créé ! Celui de la haine, de la peur, du « ce n’est pas grave » du « Ntirumveko ». Un imaginaire menant à l’irréparable, à la fin ! 

La fin d’une société et de son identité. Une fin dans laquelle la honte, la dignité, l’empathie n’auront plus de place, car la ligne entre le bien et le mal, entre l’ignominie et l’honneur, aura disparu. 

A nous donc aujourd’hui de savoir et de vouloir Refuser ce récit de haine, de mensonge, en décriant et en dénonçant les auteurs et Réaffirmer le caractère sacré de la vie ainsi que la primauté des principes de justice, d’équité et de redevabilité.

Ceci est un Message du Mouvement des Femmes et Filles pour la Paix et la Sécurité au Burundi de ce lundi noir 28 janvier 2019.