10 Dec 2016

Message de mobilisation pour la paix du 1er décembre 2016

Samedi 26 Novembre 2016 , des manifestations étaient organisées dans tout le pays  contre la venue de trois enquêteurs du Conseil des droits de l’homme au Burundi  et contre la Belgique qui vient d’abriter une rencontre avec les organisations de la société civile burundaise.

A Bujumbura, le maire de la ville avait précisé dans sa lettre de convocation que la présence de tous est obligatoire. Oui, les citadins ont répondu par milliers, scandant des champs de bataille et de guerre  avec des fusils d’entrainements. Si symboliques soient- ils, ce qui est important est le message qu’ils ont voulu transmettre.

Ailleurs , à Rumonge , le chef de file n’était personne d’autre que le secrétaire général du parti CNDD – FDD  qui s’est donné  à cœur ouvert à accuser la Belgique comme étant la source de tous les mots , de toutes les divisions dont  souffre le Burundi , d’avoir conçu le coup d’état de mai 2015 et plus grave , la Belgique serait en train de préparer le génocide au Burundi.

Partout dans le pays, des occasions s’inventent pour mobiliser la population  dans des manifestations aux allures de propagande qui depuis les années du règne du CNDD-FDD sont  organisées de façon permanente.

Des manifestations, tambours  battants qui contrastent  avec la répression des manifestations de Avril -Mai 2015 car le Burundi vit aujourd’hui en doublon – Certains ont le droit de manifester , d’autres non , certains ont le droit de crier , d’autres  non , certains ont le droit de pleurer  même quand ils n’ont  pas souffert , d’autres  n’ont  même pas le droit de faire le deuil quand ils ont perdu les leurs . Certains on le droit de dire n’importe quoi, même des propos qui incitent à la haine et à la violence, d’autres n’ont même pas le droit de les dénoncer, certains ont droit à la justice, pour d’autres, l’impunité est plutôt la règle. Silence, je parle. Ainsi va la vie au Burundi.

Mais ce qui est surtout inquiétant  c’est ce  discours servi à la population : Discours public,  raciste, xénophobe, négationniste, haineux.  Bref nous sommes à l’heure de l’Institutionnalisation de la haine  et de la violence.

Le dernier rapport des Nations Unies parle des crimes contre l’humanité et de menace de génocide et celui de la FIDH de répression aux dynamiques génocidaires.

Avant ces rapports, d’autres ont été produits, notamment celui de la Commission Africaine des droits de l’homme et des peuples. Tous sont unanimes  et pointent du doigt un régime despotique qui se cache derrière la masse populaire.  Le gouvernement du Burundi a toujours la même réaction : haranguées populaires, une manière détournée de faire la propagande et propager le discours de la haine contre des cibles burundais et étrangers. Les boucs émissaires de ce samedi étaient  la Belgique qui soit disant manipule la communauté internationale et la ligue Iteka qui a travaillé avec la FIDH.

Mais que signifie cette  propagande haineuse contre les burundais et certains cibles étrangers qui osent pointer du doigt ce qui ne va pas au Burundi, cette  militarisation de la population, cette  politique de la terreur ?

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